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Au soudan, la vidéo d’un doyen filmé en train de frapper des étudiantes suscite l’indignation.

Au soudan, la vidéo d’un doyen filmé en train de frapper des étudiantes suscite l’indignation.

Alors qu’elles protestaient contre la hausse du prix de la nourriture sur leur campus, des étudiantes de l’université Ahfad, de Khartoum, ont été frappées par le doyen de l’établissement, mercredi 10 janvier.

Diffusées sur les réseaux sociaux, les images suscitent une vive polémique, d’autant que le doyen de l’université est connu pour être un défenseur des droits des femmes.

Qassem Badri est doyen de l’Université Ahfad, un établissement privé pour filles, connu pour son engagement en faveur de l’émancipation de la femme. Sur ces images, il est entouré d’une foule d’étudiantes qui protestent contre l’augmentation des prix à la cafétéria. Il gifle l’une d’elles, puis pourchasse une autre, et lui tire les cheveux avant de la frapper dans le dos.

Devenue rapidement virale, la vidéo a suscité une vague de colère au Soudan. Amal Habbani, journaliste et militante des droits des femmes, a notamment fait part de son indignation sur sa page Facebook.

« Qassem Badri doit tenir une conférence de presse ou publier un communiqué pour présenter des excuses à l’étudiante et à toute la société soudanaise », écrit-elle. Et d’ajouter : « Même si c’est une personnalité réputée pour son engagement pour la femme, notamment à travers l’université Ahfad qui soutient l’accès à l’éducation pour les femmes issues des villages et des régions reculées (…), il doit s’expliquer. Personne ne devrait être au-dessus de la loi quand il s’agit d’une atteinte aux droits des femmes, des enfants et des hommes de ce pays ».

Une étudiante menaçante envers le doyen ?

Balkis Badri, professeure dans la même université, a de son côté tenu à défendre le doyen. Citée par l’AFP, elle revient sur la manifestation, affirmant que certaines étudiantes avaient appelé à mettre le feu au campus. « Il essayait de les calmer quand l’une d’elles, qui tenait une pierre dans sa main, lui a donné un coup de pied. C’est cette étudiante qu’il a frappée. Il s’est par la suite excusé auprès d’elle et lui a même baisé le front, mais la vidéo ne le montre pas, a déclaré l’enseignante.

La famille Badri, dont Qassem est issu, a fondé la première école pour filles au Soudan en 1966. Elle a par la suite lancé l’Université Ahfad, un établissement aujourd’hui très respecté au Soudan.

Depuis plusieurs jours, des manifestations sont organisées un peu partout à travers le pays, notamment dans les universités, pour protester contre la hausse des prix des produits alimentaires.

Un étudiant avait trouvé la mort au cours d’une manifestation dans la région du Darfour, dimanche 7 janvier.

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